Post n°54 Je suis son père

Où Fiamoa parle de l'événement le plus important de sa vie

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Bon voilà, ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux le savent : je suis devenu papa

Elle : Félicitations !
L'Autre : Toutes mes condoléances...

Merci

Elle : On osait pas trop de demander, mais ça s'est passé comment l'accouchement ?

Ah l'accouchement ! Alors que j'étais tranquillement dans mon lit en train de dormir, (j'ignorais alors que ct la dernière fois que j'allais pouvoir dormir tranquille!) Rihanna me réveille en me disant « work work work work »

Elle : Elle a vraiment dit ça ?

Non pas du tout, elle m'a dit : « Oh Apollon, j'ai des contractions depuis 3h du matin, mais je pense que c'est du faux travail, tu voudrais pas aller me chercher du spasfon à la pharmacie ? » « Mais bien sûr ma douce et tendre moité, j'enfile ma cape et mes collants et je vole t'acheter ce médicament qui est prescrit dès qu'on a mal au ventre mais qui sert à rien en fait » « Merci oh mon prince »

L'Autre : Genre, elle t'appelle comme ça...

Non, elle m’appelle monsieur chaussette

L'Autre : Ah, ça te va bien comme surnom...

Pourquoi tu dis ça ?

L'Autre : Ba c'est le seul mec que je connais qui mets des chaussettes dans ses tongs pour aller à la plage...
Elle : Ah oui, en effet...

Bon, je peux continuer ?

L'Autre : Si ça te chante
Elle : Et que tu nous expliques ce qu'est le faux travail...

Ah, quand on est en travail c'est quand on a les contractions utérines qui poussent le bébé vers la sortie, et l'indice permettant de savoir qu'on est en travail, c'est quand on a des contractions très rapprochées (genre moins d'une toutes les cinq minutes pendant plus de 2h). Si tel est le cas, il faut aller à la maternité... Le problème, c'est que parfois t'as les contractions qui t'indiquent que tu vas accoucher, mais ton col ne s'ouvre pas, on appelle ça du faux travail... Bon c'est pas grave en fait, mais c'est chiant, parce que ça fait vachement mal et que ça peut durer plusieurs jours !

Elle : Ah, OK

Bref, donc Rihanna avait des contractions régulières depuis 3h du matin, mais comme elle avait pas trop mal, elle se disait que c'était pas sérieux : que c'était du faux travail

L'Autre : Parce-que normalement tu douilles ?

Ah disons que c’est assez douloureux, mais ça varie d'une femme à l'autre, disons que généralement quand même pendant la contraction t'es plié en deux. Heureusement que chaque contraction ne dure qu'une minute...

Elle : Et donc vous avez fini par aller à la maternité ?

Ba comme on n'était pas sûr : on est resté à la maison, on a déjeuné, mais bon, au bout d'un moment, comme la future maman n'avait pas l'air d’aller bien, on s'est dit qu'on allait aller à la maternité pour vérifier que tout va bien...

L'Autre : Et donc ?

Ba c'était pas du faux travail. Et on a bien fait d' y aller, parce que madame à commencer a avoir envie de pousser presque dès notre arrivée ! Du coup, on a direct filé en salle d'accouchement, et peut être 20minutes plus tard, bébé était là...

L'Autre : Ah ouais ça a été rapide. Vous avez eu le temps de faire la péridurale ?

Nop

L'Autre : Ah l'ancienne quoi...

Ouep

L'Autre : Et ça va la maman a pas trop douillé?

Non ça va, j'ai juste jamais entendu quelqu'un crier comme ça, mais heureusement, ça a été rapide

Elle : Et le bébé allait bien ?

Elle était toute petite ! Mais bon, elle allait bien :)

L'Autre : Alors ça fait quoi ?

Ba c'est bizarre... D'un seul coup, le bébé que j'avais fantasmé était là, devant moi, toute petite, un peu violette mais avec des gestes tellement gracieux... Elle semblait si fragile... Je restais là, ébahi à la regarder, et je me suis d'un coup senti...

L'Autre : Paumé ?

Non, fort, je veux dire c'était la première fois que je voyais une personne dont je savais que à la moindre agression, j'étais capable de la défendre bec et ongles. En fait, pour la première fois, je me sentais capable de soulever des montagnes pour quelqu'un d'autre...

Elle : Et ça n'était jamais arrivé pour les gens qui te sont chers ?

Ba non, j'ai toujours cette espèce de lâcheté en moi qui fait que, quand quelqu'un qui m'est chère est en mauvaise posture, je n'ai pas le réflexe de réagir... Prenons un exemple tout bête, si quelqu'un fait une remarque sexiste à ma femme, dès fois je reste interdit, sans de réagir... Et ce n'est qu'après que je me dis : bon sang, quel naze, j'aurais dû réagir

Elle : Et là ?

Je sais que je réagirai au quart de tour sans effort... Et c'est cette certitude qui me donnait l'impression d'être fort...

Elle : Ouha, pas mal... Et quand tu l'as prise dans tes bras ?

Ba j'ai fait attention, mais même si j'étais un peu maladroit, j'avais pas vraiment peur de lui faire du mal ou de la casser... j'avais encore cette certitude au fond de moi, que c'était impossible que je la laisse tomber ou que je la blesse... C'est con en fait, quand on y réfléchit, mais c'était le sentiment que j'avais à cet instant là...

Elle : C'est rigolo, c'est la première fois que j'entends quelqu'un dire ça...

Ouais, c'est bête...

Elle : Et t'as pas eu de difficulté à te définir comme père ?

Curieusement, non. Bon déjà, je trouvais la ressemblance avec moi bébé assez troublante, au point des fois d'avoir l'impression de donner le biberon à une ancienne version de moi-même qui aurait fait un voyage temporel dans le futur. Et puis, surtout, tout de suite, je ne sais pas pourquoi, mais j'avais la sensation, pour la première fois de ma vie, d'être à ma place... Comme si c'était ce que j'avais toujours attendu pour me sentir complet... Pour la première fois de ma vie, j'étais essentiel à quelqu'un, pour la première fois de ma vie, je n’avais pas à me justifier auprès de qui que ce soit quant à mon attitude, que la seule personne à qui on demanderait la permission pour quoi que ce soit concernant cette petite fille, qui déciderait de ce qui est bon pour elle, c'était moi (bon et ma femme hein, bien sûr). Bref, pour une fois je n'avais pas la sensation d'être de trop : je me sentais à ma place. Ou plutôt non, ce n'est pas ça : je sentais juste que pour une fois, j'avais une place essentielle dans l'affaire...

L'Autre : T'avais pas peur qu'on te juge mauvais père ?

Non... je me disais que, quoi qu'il arrive, c'était moi qui était la meilleur personne pour décider de ce qu'il adviendrait à cette fille, et que les autres pouvaient bien parler, ils ne savaient rien à son sujet, et ils n'avaient pas la légitimité de me dire quoi faire...

Elle : Même le personnel soignant ?

Même eux... Je me sentais l'autorisation de ne pas suivre leur conseil si je le souhaitais

L'Autre : C'est bizarre, quand même, moi si ça m'arrivait, je me sentirais en panique !

Ouais, moi aussi c'est ce que je craignais, tout comme pendant l'accouchement, j'avais peur d'être en stress, mais en fait pas tant que ça...faut croire que la préparation à l'accouchement, c'est pas si mal pour les papas non plus... Bon après je dis pas que le premier mois, j'ai pas eu des moments d'abattements, faut dire que le fait de pas pouvoir revenir en arrière si on le souhaite, c'est un peu oppressant des fois : par moments, je me sens un peu coincé, mais en même temps, quand je vois mon bébé qui me regarde dans les yeux quand je lui raconte une histoire et qui m'écoute bien attentivement, même si elle comprend rien, je me dis que ça en vaut la chandelle :)

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